samedi 29 août 2009

shosan susuki


SHOSAN SUZUKI.1870-1966.
L’éveil est l’éveil qui s’éveille sans s’éveiller.
L’éveil qui s’éveille est l’éveil en rêve.
Le soleil de midi ne fait pas d’ombre.
L’illumination vraie ne brille pas.

dimanche 23 août 2009

Maitre Eckhart





« Il n'est pas nécessaire de comprendre cela »




Beati pauperes spiritu quia ipsorum est regnum coelorum (Mt. 5:3)

Par la bouche de la sagesse, la félicité énonça : « Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux leur appartient. » Les anges, les saints, tout ce qui ne naquit jamais doit être silence quand parle l'éternelle sagesse du Père car toute la sagesse des anges et de toutes les créatures n'est que pur néant devant l'insondable sagesse de Dieu.

Cette sagesse a dit : « Heureux sont les pauvres. »

Or il y a deux genres de pauvreté. La pauvreté extérieure, bonne et très louable lorsque l'homme la vit volontairement par amour pour notre seigneur Jésus-Christ, comme lui-même l'a assumée sur terre. Mais selon la parole de notre Seigneur, il est une autre pauvreté, une pauvreté intérieure; puisqu'il dit : « Heureux sont les pauvres en esprit. » Soyez, je vous prie, de tels pauvres afin de comprendre ce discours car, je vous le dis au nom de la vérité éternelle, si vous ne devenez pas semblable à cette vérité, vous ne pourrez pas me comprendre. D'aucuns m'ont interrogé sur la vraie pauvreté et sur ce qu'il faut entendre par un homme pauvre. Je vais maintenant leur répondre.

L'évêque Albert dit : « Est un homme pauvre celui qui ne peut se contenter de toutes les choses que Dieu a jamais créées », et cela est bien dit. Mais nous allons encore plus loin et situons la pauvreté à un niveau bien plus élevé. Est un homme pauvre celui qui ne veut rien, ne sait rien et ne possède rien. Je vais vous parler de ces trois points et vous prie, par amour de Dieu, d'essayer de comprendre cette vérité, si cela vous est possible. Mais si vous ne la comprenez pas, n'en soyez pas troublé car je parlerai d'un aspect de la vérité que très peu de gens, mêmeprofonds, sont en mesure de comprendre.

Nous dirons d'abord qu'un homme pauvre est celui qui ne veut rien. Bien des gens ne comprennent pas véritablement ce sens. Ce sont ceux qui s'adonnent à des pénitences et à des pratiques extérieures, performances qu'ils tiennent néanmoins pour considérables, alors qu'ils ne font que s'autoglorifier . Que Dieu en ait pitié de si peu connaître la vérité divine! Ils sont tenus pour saints, d'après leurs apparences extérieures, mais au dedans ce sont des ânes qui ne saisissent pas le véritable sens de la divine vérité. Ces gens disent bien que pauvre est celui qui ne veut rien, mais selon l'interprétation qu'ils donnent à ces mots, l'homme devrait vivre en s'efforçant de ne plus avoir de volonté propre et tendre à accomplir la volonté de Dieu. Ce sont là des gens bien intentionnés et nous sommes prêts à les louer. Dieu, dans sa miséricorde, leur accordera sans doute le royaume des cieux, mais, je dis moi, par la vérité divine, que ces gens ne sont pas, même de loin, de vrais pauvres. Ils passent pour éminents aux yeux de ceux qui ne connaissent rien de mieux, cependant ce sont des ânes qui n'entendent rien de la vérité divine. Leurs bonnes intentions leur vaudront sans doute le royaume des cieux, mais de cette pauvreté dont nous voulons maintenant parler, ils ne connaissent rien.

Si on me demandait ce qu'il faut entendre par un homme pauvre qui ne veut rien, je répondrais : aussi longtemps qu'un homme veut encore quelque chose, même si cela est d'accomplir la volonté toute chère de Dieu, il ne possède pas la pauvreté dont nous voulons parler.

Cet homme a encore une volonté : accomplir celle de Dieu, ce qui n'est pas la vraie pauvreté. En effet, la véritable pauvreté est libre de toute volonté personnelle et pour la vivre, l'homme doit se saisir tel qu'il était lorsqu'il n'était pas. Je vous le dis, par l'éternelle vérité : aussi longtemps que vous avez encore la soif d'accomplir la volonté de Dieu, et le désir de l'éternité de Dieu, vous n'êtes pas véritablement pauvre, car seul est véritablement pauvre celui qui ne veut rien et ne désire rien.

Quand j'étais dans ma propre cause, je n'avais pas de Dieu et j'étais cause de moi-même, alors je ne voulais rien, je ne désirais rien car j'étais un être libre et me connaissais moi-même selon la vérité dont je jouissais. Là, je me voulais moi-même et ne voulais rien d'autre, car ce que je voulais je l'étais, et ce que j'étais je le voulais. J'étais libre de Dieu et de toute chose. Mais lorsque par ma libre volonté j'assumais ma nature créée, alors Dieu est apparu, car avant que ne fussent les créatures, Dieu n'était pas Dieu, il était ce qu'il était. Mais lorsque furent les créatures, Dieu n'a plus été Dieu en lui-même, mais Dieu dans les créatures. Or nous disons que Dieu, en tant que ce Dieu-là, n'est pas l'accomplissement suprême de la créature car pour autant qu'elle est en Dieu, la moindre créature a la même richesse que lui. S'il se trouvait qu'une mouche ait l'intelligence et pouvait appréhender l'éternel d'où elle émane, nous dirions que Dieu, avec tout ce qu'il est, en tant que Dieu, ne pourrait satisfaire cette mouche. C'est pourquoi nous prions d'être libre de Dieu et d'être saisi de cette vérité et d'en jouir éternellement là où les anges les plus élevés, la mouche et l'âme sont un; là où je me tenais, où je voulais ce que j'étais, et étais ce que je voulais.

Nous disons donc que l'homme doit être aussi pauvre en volonté que lorsqu'il n'était pas. C'est ainsi qu'étant libre de tout vouloir, cet homme est vraiment pauvre. Pauvre en second lieu est celui qui ne sait rien. Nous avons souvent dit que l'homme devrait vivre comme s'il ne vivait ni pour lui-même, ni pour la vérité, ni pour Dieu. Nous allons maintenant encore plus loin en disant que l'homme doit vivre de telle façon qu'il ne sache d'aucune manière qu'il ne vit ni pour lui-même, ni pour la vérité, ni pour Dieu. Bien plus, il doit être à tel point libre de tout savoir qu'il ne sache ni ne ressente que Dieu vit en lui. Mieux encore, il doit être totalement dégagé de toute connaissance qui pourrait encore surgir en lui. Lorsque l'homme se tenait encore dans l'être éternel de Dieu, rien d'autre ne vivait en lui que lui-même.

Nous disons donc que l'homme doit être aussi libre de tout son propre savoir, qu'il l'était lorsqu'il n'était pas et qu'il laisse Dieu opérer selon son vouloir en en demeurant libre.

Tout ce qui découle de Dieu a pour fin une pure activité. Mais l'activité propre à l'homme est d'aimer et de connaître. Or la question se pose de savoir en quoi consiste essentiellement la béatitude.

Certains maîtres disent qu'elle réside dans la connaissance, d'autres dans l'amour. D'autres encore qu'elle réside dans la connaissance et l'amour. Ces derniers parlent déjà mieux. Quant à nous, nous disons qu'elle ne réside ni dans la connaissance ni dans l'amour. Il y a dans l'âme quelque chose d'où découlent la connaissance et l'amour. Ce tréfonds ne connaît ni n'aime comme les autres puissances de l'âme. Celui qui connaît cela connaît la béatitude. Cela n'a ni avant ni après, sans attente, et est inaccessible au gain comme à la perte. Cette essence est libre de tout savoir que Dieu agit en elle, mais se jouit elle-même par elle-même comme le fait Dieu.

Nous disons donc que l'homme doit se tenir quitte et libre de Dieu, sans aucune connaissance, ni expérience que Dieu agit en lui et c'est ainsi seulement que la véritable pauvreté peut éclore en l'homme.

Certains maîtres disent : Dieu est un être, être raisonnable qui connaît toute chose. Or nous disons : Dieu n'est ni être ni être raisonnable, et il ne connaît ni ceci, ni cela. Dieu est libre de toute chose et c'est pourquoi il est l'essence de toute chose.

Le véritable pauvre en esprit doit être pauvre de tout son propre savoir, de sorte qu'il ne sache absolument rien d'aucune chose, ni de Dieu ni de la créature, ni de luimême.

Libre de tout désir de connaître les œuvres de Dieu ; de cette façon seulement, l'homme peut être pauvre de son propre savoir.

En troisième lieu, est pauvre l'homme qui ne possède rien. Nombreux sont ceux qui ont dit que la perfection résidait dans le fait de ne rien posséder de matériel, et cela est vrai en un sens, mais je l'entends tout autrement.

Nous avons dit précédemment qu'un homme pauvre ne cherche même pas à accomplir la volonté de Dieu, mais qu'il vit libre de sa propre volonté et de celle de Dieu, tel qu'il était lorsqu'il n'était pas. De cette pauvreté nous déclarons qu'elle est la plus haute.

Nous avons dit en second lieu que l'homme pauvre ne sait rien de l'activité de Dieu en lui. Libre du savoir et de la connaissance, autant que Dieu est libre de toute chose, telle est la pauvreté la plus pure. Mais la troisième pauvreté dont nous voulons parler maintenant est la plus intime et la plus profonde : celle de l'homme qui n'a rien. Soyez toute écoute! Nous avons dit souvent, et de grands maîtres l'ont dit aussi, quel'homme doit être dégagé de toute chose, de toute œuvre, tant extérieure qu'intérieure, de telle sorte qu'il soit le lieu même où Dieu se trouve et puisse opérer. Mais à présent, nous allons audelà. Si l'homme est libre de toute chose, de lui-même, et même de Dieu, mais qu'il lui reste encore un lieu où Dieu puisse agir, aussi longtemps qu'il en est ainsi, l'homme n'est pas encore pauvre de la pauvreté la plus essentielle. Dieu ne tend pas vers un lieu en l'homme où il puisse opérer.

La véritable pauvreté en esprit c'est que l'homme doit être tellement libéré de Dieu et de toutes ses œuvres que, Dieu voulant agir en l'âme, devrait être lui-même le lieu de son opération. Et cela il le fait volontiers car, lorsque Dieu trouve un homme aussi pauvre, Dieu accomplit sa propre œuvre et l'homme vit ainsi Dieu en lui, Dieu étant le lieu propre de ses opérations. Dans cette pauvreté, l'homme retrouve l'être éternel qu'il a été, qu'il est maintenant et qu'il sera de toute éternité.

Saint Paul dit : « Tout ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu. » Or, notre discours semble transcender la grâce, l'être, la connaissance, la volonté, et tout désir. Comment donc comprendre la parole de saint Paul ? On répondra que la parole de saint Paul est vraie. Il fallait qu'il soit habité par la grâce; c'est elle qui opéra pour que ce qui était potentiel devint actuel. Lorsque la grâce prit fin, Paul demeura ce qu'il était.

Nous disons donc que l'homme doit être si pauvre qu'il ne soit, ni ne possède en lui aucun lieu où Dieu puisse opérer. Tant qu'il conserve une localisation quelle qu'elle soit, il garde une distinction. C'est pourquoi je prie Dieu d'être libre de Dieu car mon être essentiel est au-delà de Dieu en tant que Dieu des créatures.

Dans cette divinité où l'Être est au-delà de Dieu, et au-delà de la différenciation, là, j'étais moi-même, je me voulais moi-même, je me connaissais moi-même, pour créer l'homme que je suis. Ainsi je suis cause de moi-même selon mon essence, qui est éternelle, et non selon mon devenir qui est temporel. C'est pourquoi je suis non-né et par là je suis au-delà de la mort. Selon mon être non-né, j'ai été éternellement, je suis maintenant et demeurerai éternellement. Ce que je suis selon ma naissance mourra et s'anéantira de par son aspect temporel. Mais dans ma naissance éternelle, toutes les choses naissent et je suis cause de moi-même et de toute chose. Si je l'avais voulu, ni moi-même ni aucune chose ne serait, et si je n'étais pas, Dieu ne serait pas non plus. Que Dieu soit Dieu, je suis la cause; si je n'étais pas, Dieu ne serait pas. Mais il n'est pas nécessaire de comprendre cela.

Un grand maître a dit que sa percée est plus noble que son émanation, et cela est vrai. Lorsque j'émanais de Dieu, toutes les choses dirent : Dieu est. Mais cela ne peut me combler car par là je me reconnaîtrais créature. Au contraire, dans la percée, je suis libéré de ma volonté propre, de celle de Dieu, et de toutes ses expressions, de Dieu même. Je suis au-delà de toutes les créatures et ne suis ni créature, ni Dieu. Je suis bien plus. Je suis ce que j'étais, ce que je demeurerai maintenant et à jamais. Là je suis pris d'une envolée qui me porte au-delà de tous les anges. Dans cette envolée, je reçois une telle richesse que Dieu ne peut me suffire selon tout ce qu'il est en tant que Dieu et avec toutes ses œuvres divines. En effet, l'évidence que je reçois dans cette percée, c'est que Dieu et moi sommes un. Là je suis ce que j'étais. Je ne crois ni ne décrois, étant la cause immuable qui fait se mouvoir toute chose. Alors Dieu ne trouve plus de place en l'homme. L 'homme dans cette pauvreté retrouve ce qu'il a été éternellement et ce qu'il demeurera à jamais.

Ici Dieu et l'esprit sont un et c'est là la pauvreté la plus essentielle que l'on puisse contempler. Que celui qui ne comprend pas ce discours reste libre en son cœur, car aussi longtemps que l'homme n'est pas semblable à cette vérité, on ne peut pas la comprendre, car c'est une vérité immédiate et sans voile, jaillie directement du cœur de Dieu. Que Dieu nous vienne en aide pour la vivre éternellement. Amen.


Maître Eckhart. Sermon 52, selon la numérotation de Josef Quint dans Die deutschen Werke

jeudi 11 juin 2009





GATE GATE PARAGATE PARASAMGATE BODHI SVAHA

mercredi 20 mai 2009

méditation


Méditation , dévotion , prière sont des formes très subtiles du soi se rappelant à lui-même et que nous "faisons" ,répondant ainsi à cet appel intérieur .
Tout participe , rien est exclu .
Quand par chance elles apparaissent , laissez les être qu'elles vous enivrent jusqu'à extinction !


mais quelle bizarrerie le fait se rappeler à lui ?

cette errance , ce manque , cette vie partielle ...nostalgique ...
je n'ai pas vécu pleinement ...je veux l'absolu , la totalité !


une croyance , un simple mécanisme psychique s'est mis en place , par habitude ..
et voilà la douleur de l'isolement qui apparait avec le désir de rentrer "à la maison"..

Le "je" séparé participe à sa propre disparition ..

Celui-ci , conscient de lui-même ( de ses rappels et de ses oublis) , est l'outil agissant :
L'ACTION ;
c'est bien elle qui consciemment atteint la "porte" du Soi

La GRÂCE ,quant à elle , est le Soi en action qui se reconnait lui-même : c'est la réalisation . Ainsi l'ultime action du soi n'est pas une expérience duelle du "Je" ..elle n'est pas une expérience ordinaire de la conscience .

La danse de l'existence tout entière a résorbé "l'erreur" et là seulement certains secrets peuvent être dits :
j'ai toujours été ce que je cherchais ...

Pour avoir méditer longtemps je ne peux qu'encourager cette action consciente : s'exercer à la présence ..jusqu'à ce qu'elle devienne naturelle , sans jugement ni but ..

Oui , cette action est nécessaire ,
et pour la réalisation
Le Soi sait ce qu'il a à faire !

Ceci en réponse à ce charabia du non-faire courant de nos jours ,
que veut-on ? , se relaxer ?
ou tendre vers l'extinction radicale de l'erreur ?

jeudi 7 mai 2009

Sachez qu'un bodhisattva ayant accompli l'Eveil ne s'attache pas à la Doctrine, ne cherche pas à s'en délivrer, ne déteste pas le devenir, n'a pas d'attirance envers le nirvana. Il ne vénère pas ceux qui respectent les préceptes, ne hait pas ceux qui les enfreignent, ne respecte pas les adeptes expérimentés, ne méprise pas les débutants. Pourquoi cela ? Parce que tout est Eveil. Ainsi, la lumière des yeux qui illumine le paysage extérieur étant parfaite, elle est dénuée d'amour et de haine. Pourquoi? Parce que cette lumière est non-dualité et il n'y a par conséquent ni haine ni amour.



Citation / traduction n° 795 : Sutra de l'Eveil parfait, ( VIe -VIIe siècle), apocryphe chinois, Bouddhisme, Mahayana, Madhyamaka
Source : traduit par Catherine Despreux, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p.423









Tchao-tcheou demande à Nan-ts'iuan : " Qu'est-ce que la Voie ? "
Ts'iuan dit : "Le cœur quotidien, c'est la Voie. "
Tcheou dit : "Alors peut-on la suivre ?"
Ts'iuan dit : " Si l'on s'y attache, aussitôt on va de travers."
Tcheou dit: "Si je ne m'y attache pas, comment pourrai-je savoir si c'est la Voie?"
Ts'iuan dit : " La Voie n'appartient ni à la connaissance ni à la non-connaissance. La connaissance est un éveil irréel et la non-connaissance est indifférence. Si tu arrives vraiment à la Voie sans attache, c'est comme le vide suprême, très vaste et très profond. Comment pourrais-tu la juger de force par discrimination ?" Sur ce mot, Tcheou a instantanément l'Éveil.



Citation / poème n° 157 : Wou-men, (1183-1260), moine et philosophe chinois, Bouddhisme, Mahayana, Zen
Source : Anale de la Falaise Verte (recueil de koans recueillis par Wou-men), cité par Lilian Silburn, Aux sources du Bouddhisme, Fayard, p. 477

dimanche 3 mai 2009

choix , rappel de soi


il est vrai qu’aussi longtemps que l’on entretient une relation avec soi-même , avant que la dualité ne s’évanouisse à jamais,
on a besoin de se rappeler .

Ce rappel témoigne de ce que le processus psychologique n’a pas abouti à sa propre résolution .
le chercheur est sentimental et romantique , si belle est sa voie qu’il en oublie de voir au travers de toutes ses expériences ….
ni joie ni peine , en vérité , le soi est sans préférence !

aucun choix laissent libres les milliards de ses formes

INVESTIGATION


Par la quête de : " Qui suis-je ? ", le mental devient silencieux. La pensée " Qui suis-je ? " détruit toute autre pensée, et, de la même façon que le bâton utilisé pour remuer le bûcher funéraire, elle finira par être elle-même détruite. Puis la réalisation du Soi surviendra.
Lorsque d'autres pensées émergent, il ne faut pas les entretenir mais rechercher plutôt : " A qui cette pensée apparaît-elle ? " Peu importe combien de pensées se présentent. Pour chaque pensée qui émerge, il faut se poser la question avec assiduité : " A qui cette pensée est-elle apparue ? " La réponse sera alors " à moi ". Sur ce, si l'on se demande : " Qui suis-je ? ", le mental retourne à sa source, et la pensée qui avait surgit devient silencieuse. Ainsi, grâce à une pratique régulière, le mental acquerra la capacité de rester dans sa source. Lorsque le mental, sous sa forme subtile, passe par le cerveau et les organes sensoriels, les noms et les formes grossières apparaissent. Lorsqu'ils demeurent dans le Cœur, les noms et les formes disparaissent. Ne pas permettre à l'activité mentale de s'extérioriser et la maintenir dans le Cœur est ce qu'on appelle : " intériorité " (antar-mukha). Laisser le mental quitter le Cœur est appelé : " extériorisation " (bahir-mukha). Ainsi, lorsque le mental demeure dans le Cœur, le " je " qui est la source de toute pensée s'évanouira, et le Soi, à jamais présent, brillera. Quoi que l'on fasse, il faut agir sans l'ego " je ". Lorsqu'on se conduit de la sorte, la nature de tout ce qui apparaît alors, est celle de Siva (Dieu).

- Ramana Maharshi

question/ réponse sunyata

Question réponses à sunyata :

Question :

Si dans l’absolu, effectivement, il n’y a pas de particularité dans l’Un, et que l’Un n’est qu’un concept parmi d’autres, on peut dire, qu’à travers le prisme de la dualité, le fait d’être en relation directe avec les “belles choses”, permet aussi de garder le contact avec ce qu’elles sont, et nous sommes, en essence … cela permet d’être tournées vers … de cheminer vers … et quand l’éveil est connu (dans le corps mental), plus rien ne chemine ! …
“Belles choses” qui comme “nous”, apparaissent, font leur temps, et disparaissent …”"

Réponse :

Si tu veux dire par là que la vie est belle et que cette beauté nous rappelle à notre propre beauté je suis d’accord alléluia…
mais il y a une beauté pour moi qui surpasse tout c’est celle du fait que la séparation n’existe pas, lorsque tu parle d’absolu en opposition avec le relatif tu vois deux choses là ou il n’y en a qu’une.
Quand tu dis “ce que nous sommes en essence” que fais-tu du reste?
Donc je suis d’accord avec toi sur la beauté des choses mais je dis qu’il ne faut pas s’arrêter là car c’est encore voir la surface des choses et pas les voir toute entière.
Tu ne peux pas perdre le contact avec ton essence car en vérité il n’y a rien d’autre si ce n’est un rêve d’autre chose.
Quand je vois le doute de certain chercheur quant à la possibilité pour eux de “réaliser” leur nature je ne peux que leur dire que c’est l’unique possibilité qui leur est offerte, c’est la seule chose possible et réelle de cette existence.
Mais le doute est si fort qu’ils ne peuvent pas avoir confiance, ou même y croire intellectuellement.
donc lorsque l’on a l’impression de perdre le contact avec notre essence cela est une fausse impression ,c’est parce que l’on croit que la réalité a telle ou telle forme ,même une forme de vide ou de paix ou d’amour etc.…
Quand on perd le contact avec cela, quelque soit la forme que nous lui donnons et bien nous nous sentons comme repris par les habitudes, la morosité ou autre….

Question :

Comment vis-tu les choses ?

Réponse :

Je les vis simplement, comme elles se présentent, à aucun moment je n’ai le sentiment de vivre dans la dualité ou dans l’absolu ou quoi que se soit.
Pour moi ce qui est perçu est de même nature que ce que je suis littéralement.
C’est très difficile à expliquer vue que je suis obligé de faire des comparaisons et rien n’est comparable à cela.
Je dirais que ce que je suis prime avant toute chose de façon permanente car je ne vis que l’instant qui ne s‘écoule nulle part.
L’instant est identique à lui même quel que soit les circonstances changeante de cette vie.
Cet instant n’est pas le temps qui lui est mouvement, le temps est inclus dans l’instant que je suis sans mouvements.
Enfin difficile à dire sans dire n’importe quoi!

Il y a eu des va et viens quand mon “regard” était attacher à une forme, même si cette forme était subtile.
Puis il y a eu ce moment brutal ou toutes les formes ont disparue, il ne restait que “moi “mais ce moi n’avait pas non plus de forme. C’est un moi indescriptible et si je dis “moi” c’est pour pouvoir me faire comprendre.
Ce n’est pas le “moi” comme le sens, celui que l’on peut sentir, c’est un moi “sans appropriation” qui n’exclus pas les formes mais qui ne peut pas s’attacher à aucunes.
C’est à dire que rien ne peut être définit comme “moi” dans sa particularité et en même temps je ne peux que constater qu’il n’y a rien qui ne soit pas « Moi » ce que je suis.
Voilà la difficulté sur laquelle je bute quand je donne des explications de se genre.
Je n’ai pas de “je” (centre) et il n’y rien qui ne soit pas moi.


Question :

Et quand tu “regardes les choses en face”, Sunyata, que Vois-tu? Penses tu que la passion entre dans le domaine de l’impulsif de notre nature “inférieure” conditionnée, ou du Spontané de notre Nature Véritable?

réponse:

Je ne me pose pas ce genre de questions, je dirai que les choses s’expriment d’une manière ou d’une autre et qu’il n’y a pas lieu d’en faire des histoires.
Je ne peux pas réellement répondre à ta question parce que je ne vois pas où se trouve la différence entre nature conditionnée et nature véritable.
Je peux bien sur comprendre ton raisonnement mais il n’a pas de sens pour moi alors voilà ce que je peux dire:
Nature véritable ou conditionnée cela appartient à une vision dualiste c’est à dire que c’est une réflexion mentale, une création de l’esprit.
Dire qu’une chose est l’éveil et qu’une autre ne l’est pas c’est simplement des réflexions mentales, qui ont leur utilités un temps mais qui ne contiennent rien.
Ce sont juste des pensées vides de sens que certains utilisent comme moyen habile pour “guider” ceux qui désirent en finir avec le mensonge.
Mais elles ne désignent rien en réalité!
Comme les mots éveil ne désigne rien, ce sont plus des symboles voilà tout.
ce que nous somme n’est pas une réalité figé où l’on peu dire c’est comme ceci ou comme cela, on ne peut pas fixé la “réalité “et en faire un tableau pour en suite faire une critique comme un paysage intérieur figé.
C’est impossible, rien ne peut être saisi.
De ce fait je ne peux pas répondre à ta question!
Quand tu parle de nature véritable de quoi parles-tu exactement?
D’un sentiment?, d’un état d’être, d’une présence? D’un vide, quoi!!?
Parce qu’en ce qui me concerne je n’ai aucunes représentations objective ou subjective de ce que je nomme réalité.
Ce mot réalité ne désigne rien, de la manière dont je vois les choses, je vois juste des gens prétendre être ceci ou cela, rêver d’être ceci ou cela ou de devenir comme ceci ou comme cela et surtout d’y croire!
Je dirais que cela n’a vraiment aucun sens, c’est même comique parfois mais le plus souvent c’est fatiguant quand cela deviens trop sérieux.
Bien sur je comprends le fait d’être un chercheur car j’ai cherché toute ma vie cet éveil, je comprends la souffrance.
Je comprends le désir de devenir meilleur, et je respect cela profondément, je ne suis pas nihiliste mais je dis simplement qu’a un moment donner il faut vraiment être fatigué de pédaler dans la même semoule.
Nous sommes parfaits dés l’origine, certains d’entre nous ont encore la croyance d’être ceci ou cela (y compris ce que l’on nomme un être humain) et d’autre n’ont plus cette croyance c’est tout.
Les mots sont utilisés par commodité et comme moyens habiles.
Vraiment en vérité ce que je suis JE N’EN SAIS RIEN, comment je pourrais te dire que ceci appartient à ma nature véritable et cela à ma nature conditionnée?
je ne crois pas un mot de ce que je dis comme une réalité fixe, quand je dis que je suis passionné, je veux dire qu’il y a de la passion,”peut être ”mais je ne me sent pas concerner réellement par ce mot présentement .
C’est juste une image morte de quelque chose d’insaisissable que je suis.
un jour passionné, le lendemain autre chose, la seconde d’après encore autre chose et puis quoi?
On va en faire toute une montagne, attraper tout ce qui vient!
Voilà j’ai abandonné mon corps non pas à la science mais à cette existence qui en dispose comme bon lui semble.

question:

pourquoi cette question, qui suis je ?

réponse:

Si Ramana insiste sur la question qui suis-je? C’est parce qu’il n’y a pas d’autre question à avoir.
C’est assommant mais c’est le plus direct.
Parce que tout le reste n’est que spéculation, information, ouï-dire, en réalité: MENSONGE.
Qu’elle est la réalité pour toi par exemple de l’éveil de ramana, ou de bouddha, ou de tel ou tel personnage?
En dehors d’une réalité conceptuelle qui t’appartienne, cet éveil n’a pour toi aucune réalité.
Alors il est inutile de chercher à comprendre le pourquoi du comment parce qu’il n’y en a pas.
Toutes les connaissances peuvent être partagées sauf une, celle de ta propre réalité et pour cela tu as tous les outils.
Il est clair qu’une question en appelle une autre sans fin parce que la réponse extérieure n’existe pas, pire toutes les réponses sont des mensonges et qui peut se contenter de mensonges?
La direction du “je” est la direction de ce qui est intime à chacun et il n’y a que dans l’intimité de toi même que la réponse se fera entendre, elle sera unique, pas une copie d’un Ramana ou d’un Bouddha, mais une réponse qui vivra et tu seras cette réponse.
Il semble qu’il y ait plusieurs éveils et plusieurs éveillés mais c’est faux, il n’y a qu’un « éveil » et qu’un seul « éveillé », comme dirait jésus c’est le fils unique du seigneur et le seigneur était le fils et le fils était le seigneur.
L être qui réalise le “soi” sait que cela n’est pas un attribut personnel, il cesse tout simplement de se sentir en tant qu’individu, il est le “soi” et rien d’autre sans pour autant devenir un zombie ou du bois mort.
Bien sur chacun exprime les choses différemment mais il ne faut pas chercher des réponses là ou il n’y a que des mensonges.
Il n’y a pas de processus d’éveil, tous les processus sont psychologiques, cela semble être un processus pour celui qui observe mais il n’y en a aucun car l’observateur n’est pas dans le processus.
L’observateur est lui même observé par quelque chose en amont, quoi?
Toutes les questions ne sont que des doutes qui se manifestent, des peurs, chacun veut se rassurer, baliser le sentier.
Quand nous sommes fatigués des doutes et des questions sans fin alors nous n’avons plus d’autre choix que de nous jeter à l’eau sans créer d’autre problèmes à résoudre, remettre à plus tard c’est ce que tout le monde fait.
Alors la question est de savoir pour chacun si ce qu’il veut est de réalisé le “soi” ou bien d’en parler et de faire des théories sans fin.
C’est ce que Ramana propose, réalise qui tu es d’abord, ensuite tu pourras t’amuser à faire des bulles dans l’eau.
Et pour réaliser le soi il n’y a pas mille chemins, il n’y en a qu’un : QUI SUIS JE ?
Qui est moi?
Ce regard direct sans autre occupation.
Que se soit par une investigation, ou en oubliant le corps et l’esprit, c’est toujours intérieur.
Et c’est tellement simple et disponible que personne ne peut y croire, c’est juste impensable.

samedi 18 avril 2009

Bienvenue

bienvenue à tous qui venez nombreux lire ce blog , n'hésitez pas à laisser vos commentaires .

lundi 13 avril 2009

Réponse




le Tigre féroce est : le Soi réalisé , permanent stable intemporel, dont témoignent tous les maitres de toutes les traditions .

viande pourrie: états impermanents ou :
toutes les expériences qui naissent et meurent dans la conscience , appelés phénomènes dans certaines traditions ou formes dans d'autres .

le tigre ne mange pas de viande pourrie : cette indication dans le contexte de cette vidéo souhaitait pointer le caractère temporel et éphémère de ce qui est décrit par cette scientifique et qui n'est donc pas stabilisé.
elle exprime avec beaucoup d'émotion son passage "nirvanesque" transitoire et conclut en exposant le choix donné à tout humain : dans la sphère droite ou gauche du cerveau se vivent des états différents , impermanents .Ces deux états témoignent de la dualité ...la dualité et le tigre féroce ne peuvent pas co-exister !!
L'état d'unité dont elle parle peut s'atteindre à force de pratiques méditatives par exemple . Ces états que l'on peut contrôler par nos actes ( choix ) ne sont pas à confondre avec le Tigre féroce .
Le Tigre féroce ne mange pas de viande pourrie ,
dans le soi réalisé du maitre Hakuin ,la dualité ne peut plus être rencontrée .
merci à tous ceux qui sont venus apporter leur propre compréhension .